Eduquer sans punir, est-ce possible quand ça ne va pas à l’école ?

guide offert aider son enfant à apprendre et réussirMot dans le cahier, travail non fait, matériel oublié, faut-il le punir pour qu’il réagisse enfin?!!

Oui, bien sûr et pourquoi pas lui donner un coup de ceinture aussi ?!!

Euh … vous ne m’avez pas prise au sérieux, j’espère ?.. Parce que la méthode que je vous propose pour faire face à une situation difficile est loin de tout ça ! Quand on est dans le cadre d’une éducation bienveillante, on cherche par tous les moyens à éviter de passer par les punitions. Et en même temps, c’est quand même la première idée qui nous vient à l’esprit, non ? C’est quand même fou !

C’est parce que j’ai fait ce constat plus d’une fois (le fameux dilemne « punir, ne pas punir, telle est la question … ») que je n’ai pas hésité une seconde lorsque Ludivine du blog graines de bienveillance a proposé son carnaval d’articles sur la question« peut-on éduquer sans punir ? » je me suis tout de suite dit qu’il fallait que je participe ! Comment donner le plaisir d’apprendre aux enfants, si on est obligé de passer par  la punition ?..

Pour les non initiés, un carnaval d’articles, c’est un événement inter-blogueurs à l’issue duquel Ludivine publie un article (un e-book même!) où elle reprend toutes les idées données par tous, dans chaque article. Allez y jeter un œil, je suis sûre que vous y trouverez une mine d’informations !

Dans cet article, je vous explique pourquoi ce dilemme et comment y remédier avec une petite méthode que je me suis inventée : la méthode REBAC.

méthode REBAC

Quand mes deux petites voix me parlent : punir ou ne pas punir ?

Mon ange gardien numéro 1 ne cesse de me souffler à l’oreille de ne pas punir !..

  • parce que ça ne se fait pas dans le cadre d’une éducation bienveillante
  • parce que ça n’aide pas notre enfant à devenir autonome
  • parce que, si on agit sous le coup de la colère, on risque de le regretter après
  • parce que nous entrons dans un rapport de force avec notre enfant : soit il obtempère, soit il se révolte

Et de l’autre côté, mon deuxième ange (ou plutôt mon petit diable !) ne cesse de me répéter que c’est indispensable de punir :

  • parce qu’il n’y a que ça qui marche
  • parce que, si on ne punit pas, on n’apprend pas à nos enfants à respecter les règles
  • parce que, si on ne punit pas, on entre rapidement dans le laxisme
  • parce qu’il faut bien que nos enfants nous obéissent !

Alors … Que faire ? Peut-on être à la fois ferme et bienveillant ?

Un cadre à deux dimensions

Personnellement je suis convaincue qu’on peut être à la fois ferme et bienveillant ; qu’être bienveillant ne veut pas dire ne pas mettre de limites. Pour moi,  nous devons à nos enfants :

  • le respect → rapport horizontal (d’égal à égal)
  • la protection → rapport vertical (d’autorité)

Ces deux directions m’aident à définir un cadre :

  • ce qui est interdit
  • ce qui est négociable
  • ce qui est non négociable
  • ce qui est libre

Pour me souvenir de ces deux directions et du cadre que je construis autour, je me suis imaginé un petit dessin :

cadre éducatif

Belles paroles tout cela ! Et comment faire concrètement ?

La méthode REBAC pour éduquer sans punir

Comment penser à tout cela au moment de la crise ? Quand votre enfant vous ramène un énième mot dans le cahier car :

  • il n’a pas fait son travail
  • il s’est montré insolent
  • il a insulté, tapé, agressé un camarade
  • il a encore une fois oublié son matériel ses affaires

Je vous propose la méthode que moi j’utilise basée sur un moyen mnémotechnique : REBAC

R : REPONDRE et non REAGIR

E : ECOUTER et s’EXPRIMER à son tour

B : trouver le BESOIN caché de votre enfant derrière son comportement

A : passer à l’ACTION

C : lui faire CONFIANCE

Reprenons chacune de ces étapes pour voir ce que j’y mets derrière.

R : se RETENIR pour REPONDRE et non REAGIR

Si vous vous intéressez un peu au développement personnel, à la CNV et même aux neurosciences, vous savez sans doute que les émotions ont un rôle très important. Elles interviennent toujours avant une réaction plus réfléchie. Elles sont en fait le messager que quelque chose ne va pas (ou va très bien mais bon ce n’est pas le cas dans notre question du jour).

Je vous en avais déjà parlé dans mon article, comment réagir face à une mauvaise note. Une émotion, c’est comme une vague, ça ne dure pas. Elle arrive d’un coup et repart rapidement. Donc si on ne veut pas laisser notre colère ou notre ras-le-bol réagir à notre place, RETENONS-nous lorsque le stress nous envahit, ne REAGISSONS pas. Attendons de nous calmer pour REPONDRE plus posément, sereinement ; et non de le punir sans réfléchir !

Pour permettre à ce coup de colère de passer, je vous propose de :

  • vous isoler
  • sortir
  • parler à d’autres personnes
  • faire du sport, du ménage, ou toute autre activité qui nous tient à cœur

Moi le ménage ce n’est pas mon truc alors , quand je peux je sors et, à minima, je m’isole !

sortir se calmer

L’essentiel est, vous l’aurez compris, de se faire du bien, de faire tomber la pression.

Si vous avez une autre tactique, n’hésitez pas à la partager dans les commentaires ! Ca peut toujours être utile !

Ainsi, en prenant le temps de laisser passer la vague de l’émotion qui est bien souvent une vague de colère, je me sens plus en mesure d’apporter une réponse vraiment ajustée à l’enfant, à son comportement qui a posé problème.

En suivant ce conseil, vous n’aurez pas à regretter la punition infligée, quelques heures après l’avoir donnée …

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E : ECOUTER avec EMPATHIE et s’EXPRIMER

Si votre enfant a agi (ou pas agi justement dans le cas des devoirs non faits ou des affaires oubliées), c’est sûrement qu’il a une bonne raison. Enfin quand je parle de bonne raison, je veux dire que c’est la seule solution qu’il a trouvé dans cette situation !

Seule solution pour :

  • vous exprimer un message (c’est ce qu’on appelle de la provocation),
  • un sentiment (surtout dans le cas d’insolence ou de problème de comportement)
  • un besoin (de manger, de repos, de sécurité, d’explications supplémentaires sur la leçon)
  • faire face à la pression
  • parce qu’il est découragé, complètement démotivé
  • parce qu’il ne sait pas gérer son agressivité, la frustration
  • parce qu’il lui manque des techniques (d’organisation, de gestion de conflit)

Ecouter, cela veut dire qu’on ne dit rien. On le laisse parler, aller au bout de son explication. Donc vous comprenez pourquoi

  • il faut être disponible
  • débarrassé de sa colère ou autre sentiment envahissant

C’est l’étape pour laquelle j’ai encore le plus de mal : écouter jusqu’au bout sans donner mon interprétation, mon analyse !

Ensuite, quand il a fini, on reformule avec nos mots pour être sur qu’on a bien compris. Votre enfant va alors sans doute vous dire : « oui c’est tout à fait ça ! ». On peut passer à l’étape suivante ! Ou : « non tu n’as pas compris ! Non, pas exactement ! » On recommence alors.

Avec empathie, cela veut dire que tout ce temps où on essaie de comprendre ce qui s’est passé pour lui, on ne le juge pas. On ne se met pas à la place de l’autre ‘sa victime’ mais à sa place à lui ! On essaie de ressentir quand il nous parle ce qui se passe dans sa tête, son corps, son cœur .

Ensuite seulement, quand il est clair pour lui comme pour nous qu’on a compris ce qui se passe dans sa petite tête (et dans son corps! ), alors seulement à ce moment-là, je peux à mon tour m’exprimer sur ce que je ressens. C’est la phrase en « je ». Je suis en colère, je suis triste et non TU me mets en colère, TU me rends triste.

Et si vous pouvez aller jusqu’au besoin qui est caché derrière cette colère, ça sera encore plus bénéfique !

Exemples :

  • je suis en colère parce que tu oublies tout le temps ton sac. Ton prof va croire que je ne m’occupe pas de toi → besoin de reconnaissance
  • je suis triste parce que à la maison personne ne se montre violent, personne ne tape → besoin de paix
  • je suis inquiète parce que tu n’as pas rendu ton devoir-maison. Avais-tu compris ce qu’il fallait faire → besoin de compréhension
  • je suis en colère parce que tu as manqué de respect en répondant à ton professeur  → besoin de respect

Bref, vous comprenez sans doute l’idée tout en vous disant que je suis marrante avec mes besoins. C’est vraiment pas simple de savoir pourquoi on se met en colère ou on est triste !

Oui, je suis d’accord. Ce n’est pas simple parce que pas habituel. Il va vous falloir du temps. Cela fait environ 5 ans que j’ai découvert cette histoire de besoins et pour autant, il m’arrive encore souvent de ne pas les identifier ou voir même de ne pas du tout y penser !

Allez jeter un œil à ma vidéo ! Je vous raconte comment j’ai encore oublié, il y a quelques semaines à peine, mes belles résolutions et ma méthode EBAC  avec un jeune que je vais aider chez lui ! Je vous raconte aussi comment j’ai rattrapé le coup parce que, au final, on est tous humains avec nos faiblesses !

Normalement arrivés à cette étape, chacun, parent et enfant aura pu dire ce qu’il avait sur le cœur.

J’ai commencé à vous en parler. On arrive à la troisième étape : le B comme Besoins.

B : chercher le (ou les ) BESOIN(S) non satisfaits derrière cette situation

Pour trouver des solutions gagnant-gagnant au problème, il est indispensable d’avoir pu discuter suffisamment pour savoir de quoi vous avez vraiment BESOIN, vous parent et aussi de quoi a BESOIN votre enfant.

Je vous ai déjà proposé quelques exemples de BESOINS non satisfaits pour vous juste au-dessus !

Il existe une quantité incroyable de listes de besoins sur internet ! Je vous propose d’aller y jeter un œil en tapant « liste de besoins » sur google.

Voici celle que j’ai utilisée :

liste de besoins

La question à se poser est : que peut-il bien se cacher derrière

  • un travail non fait, non rendu
  • un oubli de sac, de matériel, etc
  • un comportement inadapté avec les camarades
  • un comportement inadapté avec le (les) enseignant(s)

Il peut y avoir une infinité de raisons ! En voici quelques-unes que j’ai sélectionnées :

  • besoin d’aide, de soutien, de réconfort
  • besoin de se sentir inclus dans le groupe
  • besoin de se sentir respecter
  • besoin que ça aille moins vite, d’explications supplémentaires
  • besoin qu’on croit en lui
  • besoin de techniques pour apprendre, s’organiser
  • besoin de repos, de détente

Quand vous aurez choisi la liste de besoins qui vous convient le mieux, je vous propose de l’afficher ou de l’avoir à portée de main. Il existe des modèles plus ‘adultes’ et des modèles enfants. Voici un exemple plus à destination des enfants :

liste de besoins pour enfant

Ca vous semble peut-être un peu exagéré de sortir sa liste de besoins quand survient un problème … Bien entendu, ce n’est pas à faire à chaque fois ! Mais pour l’avoir testé plus d’une fois, je vous assure que c’est vraiment bénéfique ! Quand on réussit enfin à trouver le besoin (de l’enfant, le sien), on ressent alors ensuite une sorte de soulagement immédiat ! Et notre enfant comprend à quel point vous cherchez à l’aider et non le juger !

A : AGIR

Dans la vraie vie, chaque étape n’est pas cloisonnée comme ici. Mais avoir une trame, permet de ne louper aucune étape et d‘avancer sereinement surtout quand on est stressé, perdu ou limite découragé !

AGIR, cela veut dire à la fois :

  • assumer ce qui s’est passé → ce sont les réparations
  • prévenir pour éviter que ça ne recommence → solutions gagnant-gagnant

Comme je l’ai dit en début d’article, pour moi, bienveillance et fermeté ne sont pas contradictoires ! Donc on peut tout à la fois réfléchir avec son enfant à des solutions gagnant-gagnant qui évitent que ce genre de situations ne se reproduise et en même temps agir pour montrer qu’il a dépassé les limites du cadre donné. C’est là qu’intervient la réparation.

Cela peut être :

  • une réparation matérielle : racheter l’objet cassé, soigner le camarade blessé
  • une réparation symbolique : paroles ou lettre d’excuse, petit cadeau symbolique

Une réparation n’aura vraiment d’impact que si l’enfant prend conscience de ses paroles, ses actes ; s’il est dans une démarche de réparer. Si le fait d’aller s’excuser correspond à un ordre qui lui a été donné, alors, là, on se retrouve à nouveau dans un rapport d’obéissance et non de prise de conscience.

Reprenons nos quatre exemples et des possibilités d’actions :

  • un travail non fait, non rendu → rendre le travail même en retard, même si l’enfant a déjà eu un zéro !
  • un oubli de sac, de matériel, etc → si l’activité plaisait à l’enfant et qu’il n’a pu la réaliser, il s’est puni tout seul !
  • un comportement inadapté avec les camarades → aller s’excuser auprès de la personne blessée, écrire un petit mot d’excuse, offrir un petit cadeau de réconciliation
  • un comportement inadapté avec un enseignant → insister surtout sur la recherche de la cause et mise en place d’une stratégie gagnant-gagnant

Agir c’est comme nous venons de le voir permettre à l’enfant, au jeune d’assumer ce qui s’est passé mais c’est aussi trouver des solutions pour éviter que ça ne recommence.

Si vous avez suivi toutes les étapes de ma petite méthode REBAC jusque là je suis certaine que vous avez des idées d’actions à mettre en place pour prévenir la suite !

Voici quelques propositions toujours pour nos quatre exemples :

  • un travail non fait, non rendu → reprendre un suivi plus régulier des devoirs (aide ou juste vérification), faire appel à quelqu’un pour gérer les devoirs, trouver d’autres méthodes pour apprendre
  • un oubli de sac, de matériel, etc → afficher une check-list dans l’entrée de ce que chacun doit penser à prendre chaque jour de la semaine
  • un comportement inadapté avec les camarades → inviter des camarades à la maison, l’inscrire dans un club de sport ou d’arts, envisager une aide psychologique
  • un comportement inadapté avec un enseignant → prendre un RDV avec l’enseignant, apprendre à l’enfant à exprimer son désaccord sans manque de respect, envisager une aide psychologique

Et maintenant, c’est fini ? C’est quoi le C de REBAC alors ?

C’est PRESQUE fini ! Maintenant que vous avez pris le temps de tout mettre à plat et d’agir avec calme et raison, « y a plus qu’à! »

Et c’est là qu’intervient la dernière lettre de ma méthode !

C : lui faire CONFIANCE

La méthode que je viens de vous proposer, pour moi, ne pourra être vraiment efficace que si vous avez CONFIANCE en votre enfant. Si vous pensez qu’il ne va jamais y arriver, qu’il n’est pas capable, alors ce n’est pas la peine de mettre tout ça en place !

Je vous remets le lien vers ma vidéo parce que je vous y explique comment j’ai pris conscience de l’importance de ce mot, CONFIANCE avec mon propre fils !

Vous allez peut-être me dire : moi je lui fais CONFIANCE mais il est tellement … (tête-en-l’air, impulsif, perdu, etc) » !

Maintenant que j’ai pris conscience de l’importance de notre état d’esprit, de nos pensées sur nos enfants, je travaille régulièrement à éliminer la peur de mes pensées et à me dire qu’ils ont les ressources en eux, qu’ils réussiront ce qu’ils avaient échoué maintenant qu’ils ont pris conscience du chemin pour y arriver !

Pour moi, je pars du principe que tout enfant et plus généralement tout être humain peut évoluer, peut s’améliorer et développer son plein potentiel. Et que notre rôle d’éducateur est de mettre notre peur de côté pour les aider à développer ce potentiel !

Voilà, nous arrivons au bout de ces cinq lettres et de cette petite méthode pour éduquer sans punir quand ça ne va pas à l’école !

J’espère sincèrement que cette méthode vous aidera, vous sera utile à la prochaine crise et que vous êtes maintenant convaincu qu’on peut éduquer sans punir ! N’hésitez pas à aller jeter un œil sur le blog de Ludivine, graines de bienveillance, elle vous donnera plein d’autres astuces. Moi j’ai beaucoup aimé son article ‘notre personnalité influence notre enfant’. J’y retrouve bien, en beaucoup plus détaillé, ce que je vous ai dit au sujet de la dernière lettre, CONFIANCE !

Si vous avez essayé la méthode REBAC, pensez à venir mettre un commentaire sous l’article pour montrer aux autres parents que c’est possible !

Et comme toujours, pour toute question : kapreussir@gmail.com

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4 réponses

  1. Fatima dit :

    Bravo pour vos partages

  2. Bammou dit :

    Super article
    Mzexi
    Fatima

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