Aménagements pour dys et TDAH : 6 clés pour un dialogue de qualité avec les enseignants

Vous venez d’apprendre que votre enfant a une (ou plusieurs) dys et/ou un TDAH, vous vous demandez bien comment mettre à l’école, au collège ou au lycée des aménagements en place ;  comment dialoguer avec le ou les enseignant.e(s) de votre enfant pour construire un réel partenariat

Dans cet article, je vais vous donner 6 clés pour une coopération réussie parents/enseignants

dys communiquer enseignants

Clé 1 : savoir où vous mettez les pieds

Ce qui a tout changé

Connaissez-vous le texte clé qui a fait changer les choses dans l’éducation nationale ?

La loi du 11 février 2005 bien sûr !

Cette loi a réaffirmé le droit fondamental à l’éducation pour tous les enfants quelque soit leur handicap.

Elle a d’ailleurs redéfini la notion de handicap comme « toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. »

C’est la mise en place de cette loi qui a aboutit la création des MDPH (Maison des Personnes Handicapées) et par conséquent des PPS (Projet Personnel de Scolarisation) et des postes d’enseignants référents.

Puis, en 2014, un décret a défini le PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé) pour répondre aux besoin « des élèves présentant des difficultés scolaires graves et durables en lien avec un trouble des apprentissages » (voir le texte).

Nous voilà donc avec nos deux plans !

  • le PPS pour les enfants en situation de handicap (voir l’article monter un dossier MDPH)
  • le PAP pour ceux dont le trouble des apprentissages ne relève pas du handicap.

Si vous n’êtes pas au clair avec ces deux plans, leurs différences et comment les mettre en place, je vous invite à aller regarder ma vidéo à ce sujet et à revenir lire la suite de cet article ensuite.

Quelle que soit la situation de votre enfant, la communication à mettre en place dans le cadre d’un de ces deux plans va être la même !

Mais les recours, en cas de non mise en place des aménagements, ne vont pas être les mêmes dans les deux cas. On y reviendra en fin d’article …

Ca, c’est la loi, les textes.

Mais dans la tête des enseignants, est-ce aussi clair ? Aussi limpide ? 

Comment informer avec tact ?

Même si nul n’est censé ignorer la Loi, peu  d’enseignants  ont suivi une formation concernant les troubles des apprentissages et la mise en place des aménagements qui les accompagne !

Vous le savez et pour cela que vous allez me dire « justement ! Il faut bien que je les informe ! »

Oui, c’est sûr mais … Trois petites précisions tout de même :

1.Informer n'est pas former

Ca vous semble évident dit comme cela !

Ce que je veux dire, c’est qu’il ne suffit pas à un enseignant d’avoir quelques informations sur le sujet pour savoir automatiquement  en tenir compte dans sa pédagogie …

Donc, oui ! Informez !

Et en même temps, ayez toujours en tête que, sauf cas particulier, vous avez en face de vous un ou plusieurs enseignant(s) non formé(s) donc il va falloir un peu de patience et de souplesse …

2. Sur quoi informer ?

En tant que parent, vous êtes tout à fait légitime pour donner des informations sur … votre enfant bien entendu !

Vous allez pouvoir communiquer des informations sur :

    • son trouble
    • ses difficultés associées

mais aussi

    • ses réussites
    • ses points d’appui

et éventuellement sur

    • les suivis thérapeutiques mis en place

3. Informer n'est pas ...

3.1. Informer n'est pas former.

Ok, je l’ai déjà dit ! Je me répète …

Je veux dire par là que vous pouvez tout à fait donner un maximum d’informations concernant votre enfant mais que vous n’allez pas faire un cours sur la dyslexie, la dyspraxie ou le TDAH !

Evident,vous me direz…

Pas tant que ça ...

Qui n’est pas tenté lorsqu’il commence à maîtriser un sujet (ce qui doit être votre cas avec tous ces diagnostics, bilans et toutes les recherches que vous avez pu faire …) de faire la leçon, de jouer les profs ?

Alors plutôt que de donner l’impression d’étaler votre science (je sais bien que ce n’est pas votre intention mais … c’est tellement souvent mal interprété !), partagez des références :

comprendre les troubles dys
3.2. Informer n'est pas imposer

VOUS, vous apportez les informations ; EUX, les enseignants, ils décident ce qu’ils en font …

Nous verrons juste après que cela va dépendre du type d’enseignant que vous avez en face …

Si vous avez à faire à des enseignants qui ont accepté de vous écouter et qui sont décidés à adapter leurs cours pour votre enfant alors, ENSEMBLE, vous allez définir les aménagements.

Nous allons y revenir juste après aussi.

Dans la vidéo ci-dessous, je vous partage différentes idées d’aménagements pédagogiques possibles.

3.3. Informer n'est pas tout dire

Ce qui va être utile aux enseignants, ce sont tous les éléments qui vont leur permettre d’adapter, d’aménager.

Inutile donc de transmettre l’ensemble des compte-rendus des bilans ! 

La dernière page avec les conclusions et les propositions d’aménagements suffira amplement !

MDPH, médecin scolaire, psychologue scolaire auront pu être destinataires, eux, du dossier complet.

3.4. Informer n'est pas prescrire

J’ai vu sur certains groupes Facebook des parents poster la photo du « mode d’emploi de leur enfant » qu’ils avaient élaboré.

Je suis sincèrement convaincue que l’intention est louable.

Cependant je trouve que cela donne un côté un peu trop … prescriptif …

Imaginez que, dans el cas d’un régime alimentaire particulier, vous ayez besoin d’un pain spécial, unique. Comment allez-vous procéder ?

Allez-vous dire et donner à votre boulanger un texte intitulé « la recette de mon pain spécial » ?..

Je parie que non !

Vous allez plutôt lui dire de quoi vous avez besoin et le laisser faire …

Et bien là, c’est pareil !

Racontez puis résumez par écrit les besoins de votre enfant mais évitez les « modes d’emploi » !

4. Informer à l'oral ET à l'écrit

N’hésitez pas à multiplier les façons d’informer !

On retient mieux ce qu’on a vu ET entendu ET lu.

N’hésitez donc pas à terminer vos rendez-vous, vos réunions en proposant un petit résumé.

Mais pour ma part, je pense qu’il est un peu illusoire de penser que, parce qu’un professeur aura lu le PAP ou le PPS de votre enfant qu’il retiendra forcément les aménagments à mettre en place …

Bon, avec tout ça, vous avez de quoi bien informer les enseignants !

Mais, allez-vous procéder de la même manière pour tous ?

Non, je ne le conseille pas …

Ce qu'en pensent les enseignants

L’état d’esprit des enseignants, au même titre que le votre, va être déterminant quant au partenariat, à la coopération possibles.

Pour ma part, je rencontre souvent quatre types d’enseignants :

1. Celui qui ne tient absolument pas compte des besoins particuliers

 Il est là pour transmettre son savoir, pour enseigner.

Heureusement, ils sont rares !

Face à ces personnes-là, je suis désolée de vous dire qu’il me semble peine perdue d’essayer de leur faire entendre quelque chose.

Dans le cas d'un PPS

Vous pouvez commencer par en parler à l’enseignant référent et éventuellement demander une ESS.

Dans ce cas, prévenez bien l’établissement de votre démarche en précisant que vous vous inquiétez pour votre enfant.

Si malgré l’intervention de l’enseignant référent rien  ne bouge alors je ne vois plus que deux solutions (l’une ou l’autre ou l’une et l’autre …) :

    • faire changer d’établissement à votre enfant (il ne s’agit pas de fuite mais de préserver son bien-être)
    • entamer une procédure pour le respect de la loi de 2005 sur le handicap
Si votre enfant "n'a qu'un" PAP

Alors … il s’agit ici d’aménagements pédagogiques souhaités … Sachant que le responsable de la pédagogie, c’est l’enseignant donc … pas grand chose à faire …

Vous pouvez toujours essayer de faire intervenir le directeur, le psychologue et/ou le médecin scolaire …

Et dans le pire des cas, envisager également un changement d’école …

Fort heureusement, il me semble que ces cas restent rares et que, lorsque des enseignants ne mettent pas en place d’aménagements scolaires, il s’agit plus du cas suivant …

2. Celui qui veut bien faire mais qui ne sait pas comment

Ils sont nombreux …

Manque de formation (on l’a déjà dit !), manque de moyens, manque de temps, nombre d’élèves important, manque de connaissances techniques (je pense entre autre au numérique) …

Les raisons ne manquent pas pour se sentir dépassé …

Mon conseil, dans ce cas-là, est d’y aller progressivement : PAS A PAS.

Discuter, « négocier » avec le ou les enseignant(s) concerné(s) pour voir avec eux ce qui est possible de mettre en place dans un premier temps.

Exemple : ils vous donnent le cours en format numérique et vous vous chargez de le transformer avec la bonne police et la bonne taille.

Puis, petit à petit, on rajoute des aménagements, des adaptations …

Comme dit le proverbe « qui va doux, va loin. »

3. Celui qui croit qu'il va résoudre le problème

Qui ne se sent pas à certains moments âme de sauveur ?

Moi, ça m’est arrivé très souvent !

Et vous ?

Et bien, chez les enseignants, c’est pareil ! Cela arrive souvent (peut-être même plus qu’ailleurs …) de voir des professeurs qui démarrent l’année en pensant que eux, ils vont réussir à là où d’autres ont échoué, qu’ils vont réussir à aider chaque enfant à dépasser ses difficultés.

Ces intentions sont louables.

Si vous vous reconnaissez dans cette situation, je vous recommande le livre de Christine Petitcollin Victime, bourreau, ou sauveur : comment sortir du piège ?.

Elles nous donne plein de pistes pratiques pour sortir de ce triangle psychologique.

En tout cas, moi j’ai adoré ce livre !

Et cela peut être très utile quand on reconnait un de ces rôles chez les enseignants de nos enfants aussi …

4. Celui qui cherche un réel partenariat avec la famille

Alors là c’est le Graal !

Savourez, profitez et … Servez-vous en en exemple lorsque vous discuterez avec ses collègues.

On évitera les « M. Machin, LUI, il fait ceci ou il veut bien cela. »

Non !

Préférez :

« L’an passé (ou  « dans certains cours ») on a trouvé cette solution … Pensez-vous que l’on puisse trouver également une solution pour votre cours ? »

Pas de comparaison directe et nominative avec les collègues !

Bon, maintenant qu’on a vu les différentes catégories d’attitude possibles, regardons d’un peu plus près quand et où discuter de tout cela avec les enseignants …

Clé 2 : choisir le bon endroit et bon moment

Il existe, il me semble, quatre grands types de rencontres possibles :

  • les réunions officielles : équipe éducative pour les PAP ; ESS pour les PSS
  • les rendez-vous individuels
  • les rencontres informelles
  • les réunions parents-professeurs

Je en vais pas détailler ici, je vous laisse aller regarder ma vidéo juste ci-dessous dans laquelle j’ai expliqué comment préparer une équipe éducative ou une ESS et les rendez-vous individuels avec chaque professeur.

Je vous redirai juste d’éviter d’aborder la question des aménagements lors d’une rencontre informelle et lors des rencontres parents-professeurs institutionnelles. (Je vous dis dans la vidéo pourquoi)

Clé 3 : vous d'abord !

On a beaucoup parlé des enseignants etd e ce qu’ils pouvaient ressentir.

Et vous dans tout cela ?

Je suis certaine rien qu’à la lecture de certains paragraphes ci-dessus, vous avez déjà eu des réactions particulières …

Comment rester de marbre quand on a l’impression que le maximum n’est pas fait pour son enfant ?!!

Et ce n’est aps tout ! Même face à une équipe enseignante motivée et bienveillante, on peut se sentir très mal …

Etre conscient de son ressenti, de ses émotions est vraiment important poru un dialogue de qualité.

Prenez docn quelques minutes avant et parès un rendez-vous avec les professeurs (et même pendant si c’est possible pour vous) pour vous poser cette question :

Comment je me sens ?

    • face à l’institution scolaire (vieux souvenirs d’enfant qui remontent …)
    • face au trouble développemental de mon enfant
    • face aux réactions des enseignants (on en a parlé !)

Demandez-vous ensuite, comment se manifestent ces sentiments ?

    • colère
    • repli
    • culpabilité
    • tristesse
    • découragement
    • naiveté
    • enthousisasme
    • inquiétude

Une fois au clair avec cet aspect émotionnel, il pourra être utile de le verbaliser à un moment donné pour éviter les malentendus, pour éviter que vos interlocuteurs interprètent mal ue réaction de votre part …

Clé 4 : pour que le RDV se transforme en VRAIE RENCONTRE

Pour qu’il y ait partenariat, coopération, un rendez-vous ne suffit pas à mon avis …

Pour moi, ce RDV doit se transformer en réelle rencontre.

Rencontre entre :

    • 2 individus (à minima)
    • avec 2 types d’attentes différentes
    • et sans doute 2 types de peurs inconscientes

Quelques petits trucs donc pour ne pas louper « votre rencart » :

    • préparez la rencontre (on l’a dit juste au-dessus) : qu’allez-vous dire ? Demander ? Comment vous sentez-vous ?
    • faites-vous accompagné : conjoint, ami, professionnel pour éviter de se sentir submergé par l’émotion
    • reportez, différez vos réponses si vous sentez que le « courant ne passe pas »
    • Utilisez un outil que je trouve merveilleux pour une meilleure communication : la CNV

Clé 5 : de puissants outils pour une rencontre réussie

La CNV (Communication Non Violente) est un processus de communication élaboré par Mashall Rosenberg.

J’en suis tombée amoureuse !

De la CNV bien sûr, pas de Marshall …

Je parle volontairement de processus et non de technique car, comme nous l’explique tous les formateurs qui veulent bien nous partager un peu de leurs connaissances, il s’agit avant tout d’une intention de se relier à l’autre.

Comme je vous l’ai dit juste au-dessus, c’est un outil puissant lorsqu’on veut avant tout que la rencontre avec l’autre ait leiue …

Avec la CNV, vous apprendrez à

    • différencier les faits réels des jugements
    • exprimer vos émotions (on y revient !)
    • identifier vos besoins qui se cachent derrière ces émotions (pas facile mais vraiment très intéressant)
    • formuler une demande tout en acceptant un éventuel refus

Ca vaut le coup d’essayer non ?

En tout cas, moi, je m’y essaie dès que je peux …

Et je me demande aussi souvent quel con… je suis …

Clé 6 : on est tous un peu con...

Non, je ne mets pas à dire des gros mots !

Un autre outil peut-être un peu moins introspectif et plus synthétique qui m’aide beaucoup à savoir où je suis et où je vais est de me demander dans quel type de con… je suis avec mon interlocuteur :

    • consensus
    • compromis
    • confiance
    • conseil
    • concession
    • conflit

Je trouve que, en un mot, on a un aperçu assez clair de ce qu’on est en train de partager avec l’autre en face de nous et donc pour rester dans notre propos du jour, avec le ou les ensignants et autres porfessionnels en face.

Ce mot peut être celui qui donne le tempo, celui qui va nous éviter de partir sur des chemins glissants que nous ne souhaitons pas emprunter …

Choisissez donc votre mot et ce sera celui de la fin !

Enfin presque …

Pour finir

Pour résumer, je dirai donc que, poru que le dialogue avec les enseignants soit réussi, il va falloir autant se préoccuper

    • du contenu que de la forme
    • de votre enfant, de vouos et de votre interlocuteur
    • des conditions pour faire passer le message
    • des outils à disposition pour le faire passer (CNV, écrit, mot en con …)

N’hésitez pas à venir raconter dans les commentaires comment ça se passe pour vous. C’est une question délicate, le dialogue … L’expérience de chacun peut aider tout le monde !

Et pour rester en contact, vous pouvez :

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